moulin

Voici donc la suite et la fin de cette nouvelle présentée au concours "jedeviensecrivain.com" 2014 sur le thème du faux semblant. 

Pour ceux qui ont raté le début, vous pouvez lire le chapitre 1 ici

Et n'hésitez pas à laisser un commentaire ;)

Bonne lecture...

      

 

Eco-tourisme

Chapitre 2 - La mobilisation

La mobilisation générale a été décrétée. Gilles est allé récupérer le tambour et la casquette de l’ancien garde-champêtre. Il s’installe en plein milieu d’un carrefour tandis que ses acolytes bloquent la circulation. Après un roulement de tambour appuyé, il s’écrie :
« Oyez, oyez ! Avis à la population d’Arrocourt.
Au vu du danger imminent d’expulsion de Madame Lauton, fort honorablement connue par tous les habitants de la commune. Le comité de défense et de soutien est réactivé. Une réunion extraordinaire se tiendra ce jour à quinze heures à la salle polyvalente. Toutes les bonnes volontés sont conviées. Signé : le comité. »
Un nouveau roulement de tambour vient clore le message, avant qu’il ne se mette en route pour reproduire le même manège au carrefour suivant, suivi par un cortège grandissant d’enfants et de curieux.

Plus conventionnellement et avec méthode, Christine a découpé la commune en vingt secteurs. Elle a désigné un délégué pour faire du porte à porte dans chacun d’eux. Les principaux relais d’opinion, les élus, les responsables associatifs, les représentants des parents d’élèves, sont joints par téléphone. Des messages sont laissés sur les répondeurs de ceux qui ne décrochent pas. Les jeunes eux aussi sont réquisitionnés pour coller des affiches dans chaque lieu fréquenté de la bourgade.

Le fronton de la salle polyvalente a été pavoisé avec les banderoles des manifestations précédentes. Dans le hall d’entrée, le club photo de la commune a improvisé une exposition des meilleurs clichés de la lutte de l’automne dernier. Au début de la réunion, ils sont une bonne centaine. L’atmosphère est conquérante : ce n’est quand même pas les Parisiens qui vont faire la loi à Arrocourt !

- On ne change pas les méthodes qui marchent, affirme le père Jeannot. On garde la tactique employée en octobre : on dresse une barricade sur le pont avec nos engins agricoles, lestés de tout ce qu’on trouve.
- Sauf que là, le Préfet, on ne l’aura pas par surprise. Il sait à quoi s’attendre. Et puis combien de temps veux-tu qu’on tienne le pont ?
- Le temps qu’il faudra : une semaine, un mois, jusqu’à l’automne s’il le faut.
- Six mois ! Alors là, si on veut tuer le village, je ne vois pas de meilleure solution, interrompt Solange. Mais soyez un peu réalistes, les mecs. Vous vous imaginez coupés du monde pendant la moitié d’une année ? Sans aucune marchandise livrée ? Sans médicaments ? Sans médecin ?
- Et alors, on voit que tu n’as pas connu la guerre, la petiote. Il faut savoir ce que l’on veut.
- Alors, il faudra au moins évacuer les enfants, et aussi leurs mères. Et puis les vieux et les malades également…

L’intervention de Solange a douché l’enthousiasme général. L’idée d’un blocus de longue durée paraît soudain moins plaisante si le bourg doit être à moitié vidé de sa population. Un lourd silence s’installe.

Christine, qui s’était jusque là tenue en retrait, reprend son rôle d’animatrice-modératrice des débats.
- Reprenons depuis le début. Premièrement, on ne peut pas laisser Madame Lauton se faire chasser de sa maison. On est d’accord ?
- D’accord, reprend en chœur l’assemblée.
- Deuxièmement, on est prêt à faire ce qu’il faut pour bloquer les huissiers, mais ça ne doit pas durer plus d’une dizaine de jours.
- C’est tout à fait ça, conforte Solange.
- Troisièmement, la presse locale nous a à la bonne. C’est vrai que nos actions militantes ont plus de piment pour le lecteur que la rubrique des chiens écrasés ou les scandales politiques à répétition.
- J’ai encore le numéro du rédacteur en chef. Je peux de nouveau endosser le rôle d’attachée de presse, affirme Nadine.
- Super. Nadine, tu prépares un premier communiqué de presse ?
- J’y ai déjà réfléchi. En octobre, toute notre communication était orientée sur la situation à court terme de Madame Lauton, chassée de chez elle à l’approche de l’hiver. Maintenant, nous devons viser plus loin. Il faut que le monde entier apprenne que la Green Worldwide Company est prête à piétiner une vieille dame et à s’opposer à l’avis de tous les habitants de la vallée pour imposer un concept américain totalement artificiel. En complément de la presse traditionnelle, il faudrait aussi cibler les associations altermondialistes et mobiliser les réseaux sociaux. Comme dirait mon fils : « il faut que ça fasse un tel buzz que tout le monde voudra les boycotter ».

* * * * *

Un taxi traverse le bourg. Les enfants qu’il croise le remarquent, tellement il est rare d’en voir au fond de la vallée. Il s’arrête devant l’imposant bâtiment directorial de l’ancienne scierie – menuiserie – ébénisterie. Un homme d’une quarantaine d’années en sort, sa mallette à la main, suivi d’une femme plus âgée. Sans hésiter, sans échanger un seul mot, ils s’approchent de la porte et appuient sur la sonnette sur laquelle est simplement gravé « LAUTON ». Le taxi reste sur place, attendant ses clients.


* * * * *

Au premier rang, Fernand et Léon se parlent en aparté, de plus en plus fort, finissant par couvrir la voix de Nadine. Assise derrière la table installée sur l’estrade, Christine leur fait des signes de moins en moins discrets pour qu’ils se taisent, en vain.
- Dites les gars, on vous aime bien, mais on voudrait quand même pouvoir s’entendre. Même si vous êtes dispensés de lever le doigt, c’est comme à l’école : il faut parler chacun à son tour.
- C’est bien là le problème rétorque Fernand. On écoute tout le monde, sauf nous. Je sais qu’on n’a pas été aux études, Léon et moi, mais je voudrais quand même rappeler que sans nous, on ne serait pas ici.
- Eh ! Tu deviens parano mon cher Fernand. Bien sûr que tu peux t’exprimer, mais tu parles pour tout le monde et à ton tour. Vas-y, on t’écoute.
- C’est bien beau, vos histoires de communiqué, de concept et tout ça. Mais nous, ce qu’on dit, c’est comme pour les grèves, la seule chose qu’ils comprennent les puissants, c’est la force.
- Bien parlé Fernand ! enchaîne Léon. Je lui disais justement à Fernand, avant que Madame Christine, elle se fâche, que moi en mai 68, j’étais devenu un spécialiste en cocktail Molotov… Il n’y a que ça qu’ils comprennent ! Et je peux vous montrer comment on fait.

Au fond de la salle, une porte claque violemment. Puis une voix forte crie avec colère.
- Léon, tu te prends pour un « zadiste » peut-être ? Ou pour Che Guevara ? C’est quoi ce cirque ! Tant que je serai maire, il n’y aura pas d’action violente à Arrocourt.
- Du calme, Paul, reprend Fernand. Ne te fâche pas ! On discute juste là. On ne va pas faire la révolution !
- Il n’y a pas de Paul aujourd’hui. C’est en tant que maire que je parle. Je vous rappelle que je suis responsable de la tranquillité publique.
- Pfff, tu prends la grosse tête, Môssieur le Maire, tu avais un autre ton quand tu posais pour les photographes sur la barricade !
- Justement, on faisait de la résistance passive, un peu à la Gandhi. Et ça a marché ! Et c’est moi qui présidais nos réunions, en personne, parce que je suis le maire et que je veillais à ce que cela ne devienne pas des élucubrations de pseudos trotskistes, libérateurs dans le sang du pauvre peuple opprimé.
- Là, Monsieur le Maire, coupe Christine, c’est vous qui tombez dans un lyrisme malvenu. Nous ne vous avons pas laissé délibérément de côté. Nous n’avons pas réussi à vous joindre, votre téléphone était sur répondeur.
- Et alors, j’ai bien le droit à une vie privée, non ?

D’un pas décidé, le maire s’avance jusqu’à l’estrade. Il prend une chaise et s’installe d’autorité à côté de Christine.
- Bien, maintenant que je suis là, reprenons donc calmement. Ainsi, il est de nouveau question de l’expulsion de Madame Lauton ?
- Le courrier recommandé de la filiale immobilière de la Green est arrivé ce matin. Nous ne connaissons pas le délai, mais c’est sûrement une question de jours.
- Et cette fois-ci, il n’y a plus de trêve hivernale en vue avant de très longs mois…
- Il faut donc trouver une solution durable. Monsieur le Maire, vous aviez dit que vous profiteriez de l’hiver pour chercher des solutions. Qu’en est-il ?

Le maire toussote un moment, visiblement embarrassé.
- Effectivement, effectivement. Avec le conseil municipal, nous avons examiné différentes pistes, dans de multiples directions et sans ménager nos efforts. D’ailleurs, les lecteurs de notre gazette municipale ont pu suivre nos réflexions.
- Paul, arrête ton charabia et réponds juste à la question !
- Tout d’abord, nous avons lancé une étude juridique pour vérifier si, au vu de son âge, madame Lauton pouvait être protégée contre une expulsion. Cela n’a malheureusement pas abouti.
- Ça, on le savait depuis longtemps !
- Nous avons ensuite cherché si nous pouvions aider Madame Lauton à payer son loyer, puisque c’est là le point de départ de toute l’affaire, ainsi que vous le savez tous. Le dossier a été soumis au Centre Communal d’Action Sociale, mais celui-ci ne peut intervenir que pour un secours ponctuel et en aucun cas à hauteur des impayés cumulés. Ce qui ne règle donc pas le problème. L’hypothèse d’une souscription publique a même été évoquée, ce qui a soulevé un vif débat en conseil, sans résultat.
- Monsieur le Maire, arrêtez de noyer le poisson, nous ce qu’on veut, c’est du concret !
- Il faudrait savoir : soit je vous rends compte avec précision et exactitude de tout ce que nous avons fait, soit je me tais ! Et puis, arrêtez de m’interrompre sans cesse. Si vous m’aviez laissé parler, j’aurais déjà terminé. Bon, reprenons. La piste la plus sérieuse a été la suivante : que la mairie se porte acquéreur du site en vue d’un aménagement qui pourrait être confié à une Société d’Economie Mixte à créer.
- Ça veut dire quoi tout ça !
- En gros, que la commune achète la maison et ses dépendances et qu’elle crée une société dont elle serait l’actionnaire majoritaire pour l’exploiter.
- Ce n’est pas encore hyper clair, mais c’est mieux. Et alors ?
- Et alors ? Les services de l’Etat on estimé la valeur du domaine autour de 500 000 euros. La rénovation nécessaire pour pouvoir en faire quelque chose, des gîtes et des équipements sportifs et de loisir par exemple, se compterait en millions d’euros. Nous avons consulté le Trésorier payeur qui s’occupe des comptes de la commune. Il nous a répondu que c’était trop cher et trop risqué pour Arrocourt.
- En bref, Paul, tu es toujours aussi fort en beaux discours, mais ça n’aboutit à rien ! Mes amis, il ne reste que les barricades et les cocktails Molotov, moi je vous le dis.
- Du calme Fernand, soyons réalistes. Il y a certainement une solution pacifiste à trouver, dans le respect du droit. Il faut se montrer raisonnable. Nous sommes des adultes responsables.
- Mais où est-il le maire qui allait manifester en écharpe devant la préfecture ? Où est-il celui qui attendait les huissiers sur les barricades ? L’hiver t’a ramolli, Paul, ou quoi ?

* * * * *

Quelques minutes plus tôt, le taxi s’est arrêté devant la salle polyvalente pour déposer ses deux passagers. Ceux-ci ont gravi d’un pas décidé les marches menant à l’entrée principale, puis se sont fait discrets en écoutant les débats depuis le hall d’accueil.

* * * * *

Deux nouvelles personnes font leur entrée dans la salle. L’une d’elle, une femme d’une soixantaine d’année, prend d’autorité la parole pour rebondir sur la dernière remarque.
- Qu’est-ce qui a ramolli votre maire ? Je vais vous le dire !
- Mais !
- Paul, il n’y a pas de « mais » qui vaille, reprit-elle. Tu as assez parlé comme ça. Ils ont droit à la vérité. Ils ont droit à des explications. Mon chéri, tu croyais peut-être que j’étais aveugle, mais j’ai découvert le pot aux roses. Et crois-moi, dorénavant, tu as intérêt à marcher droit !

Des murmures se répandent dans la salle, les têtes tournent pour regarder à la fois l’air penaud et embarrassé du maire et celui grave et assuré de son épouse.
- Cet hiver, nous avons passé une semaine aux sports d’hiver à Megève, avec mon fils chirurgien ici présent, ma belle fille et mes petits-enfants. Alors que je remerciais Laurent de nous avoir offert ces vacances – ce qu’il fait souvent avec beaucoup de délicatesse – il m’a interrompu en niant et en expliquant que c’est son père qui avait tenu à payer le séjour. Intrigués, nous sommes allés à la réception. Le directeur nous a reçus dans son bureau et nous a informés que le séjour était entièrement pris en charge par la société propriétaire de l’hôtel qui n’est autre, je vous le donne en mille, qu’une filiale de la Green Worldwide Company, celle-là même qui veut expulser Madame Lauton. Je n’ai jamais eu aussi honte de ma vie. Oui, Paul, tu peux faire ton malin : tu t’es fait acheter et tu as fait de moi une épouse de corrompu !

Après quelques secondes de silence, le temps que chacun tire les conséquences de ce qu’il vient d’entendre, les sifflets et invectives fusent de toute la salle avant d’évoluer vers un slogan scandé par la quasi-totalité de l’assistance : « Paul, démission ! ». Le maire reste figé. Le politique inébranlable, l’orateur habile a laissé place à un homme terrassé par la tournure des événements.
- Bien sûr qu’il démissionnera, n’est-ce pas Paul ? Mais d’abord, j’aimerais que vous écoutiez notre fils Laurent.
- Face à la situation, je n’ai pas voulu rester inactif. J’ai donc moi-même cherché des solutions. Il se trouve que depuis quelques années, je nourris le projet d’acheter une résidence secondaire à Arrocourt, de manière à y passer plus de vacances avec ma femme et mes enfants sans envahir le logement de mes parents. Après l’épisode de Megève, j’ai donné plus d’ambitions à mon projet en reprenant à mon compte certains aspects positifs du concept de tourisme vert de la Green. En résumé, je voudrais progressivement réhabiliter le domaine de la scierie sur vingt ans. Le premier chantier concernerait l’immeuble directorial pour transformer les anciens bureaux et le logement du directeur en appartements de tourisme, fonctionnels et confortables. Un quatre pièces en rez-de-chaussée serait attribué à Madame Lauton pour un loyer symbolique d’un euro en contrepartie de sa présence bienveillante auprès de tous, comme elle sait si bien le faire. J’aurais ainsi le bonheur d’être son voisin à chaque fois que je viendrai en famille. Je suis aussi en discussion avec la Région et l’écomusée. Quand je leur ai montré des photos, gravures, schémas et plans de l’ancien moulin et de sa machinerie, quand je leur ai expliqué son rôle central dans le développement de la scierie-menuiserie, ils se sont montrés intéressés, passionnés même. Ils ont promis d’apporter leurs conseils – et leurs subventions – pour sa reconstruction et la reconstitution de toute sa mécanique à l’identique. La seule condition posée est que le moulin rénové soit accessible, gratuitement ou non, au public.
- Je peux vous faire une proposition, s’écrie un sexagénaire en se mettant debout, bien que visiblement intimidé.
- Mais, je vous écoute, Monsieur.
- Voilà, je n’ai pas l’air comme ça, mais quand j’étais jeune, je travaillais à l’ébénisterie. Et je n’étais pas mauvais qu’il paraît, puisqu’ils m’ont même donné la médaille du meilleur ouvrier de France. Bon, j’en viens à ma proposition : si vous restaurez les machines, moi, je veux bien faire des démonstrations de tournage de bois. J’ai encore chez moi tous mes outils, mes rabots, mes gouges et mes bédanes que j’entretiens précieusement. Je pourrais même animer des ateliers pour fabriquer de jolies boîtes, des toupies, des chandeliers et bien d’autres objets.
- Voici une excellente idée, qui s’inscrit parfaitement dans l’esprit de l’écomusée. Il faudra certainement encore patienter quelques années, mais oui, je suis tout à fait preneur.
L’ébéniste sourit, heureux et fier et se rassoit sous les applaudissements de l’assistance.

- Et pour les autres bâtiments ?
- J’espère arriver à les relever progressivement de leurs ruines. Certains complèteraient l’offre de tourisme vert en étant restaurés en gîtes, d’autres pourraient être consacrés à des activités en lien avec la commune. J’aimerais en particulier aménager une plage sur la Darologne, avec des vestiaires, des sanitaires et des douches dans un bâtiment attenant. J’envisage aussi de mettre en place une activité kayak avec un parcours en eaux vives.
- Et tout ça ne pourrait pas se faire plus rapidement que sur deux décennies ?
- Bien sûr que cela serait imaginable. Mais cela demanderait d’autres moyens financiers que ceux dont je dispose. Et puis, je suis persuadé que c’est bien mieux ainsi pour l’économie locale : plutôt que de tout faire en une seul fois en travaillant avec de très grandes entreprises, je préfèrerais faire appel aux savoir-faire des artisans d’Arrocourt. Ils auraient ainsi du travail garanti pendant de nombreuses années. A ce propos, j’aimerais aussi employer du personnel local pour la gestion des locations et l’entretien des gîtes.

Fernand reprend la parole, sur un ton désabusé.
- Tout ça, c’est bien beau. Vous savez vous y prendre pour nous faire rêver. Mais cela arrive un peu tard, vous ne croyez pas ? Madame Lauton a reçu la lettre d’expulsion ce matin-même !

Curieusement, la femme du maire et son fils gardent un sourire confiant. Avec une emphase assez théâtrale, Laurent sort une lettre recommandée de son attaché-case, laissant la parole à sa mère :
- Nous arrivons juste de Paris et avons directement rendu visite à Madame Lauton pour lui expliquer les projets de Laurent. Nous l’avons trouvé bien secouée par cette fameuse lettre. Pour tout vous dire, à la vue du nom de l’expéditeur, elle n’avait même pas osé l’ouvrir. Je l’ai décachetée et lui ai lue.
- Qu’est-ce qu’elle disait ?
- Le plus simple est sans doute que je vous en donne lecture, puisque sa destinatrice me l’a confiée pour cela. Ecoutez-donc !

« Madame,

Nous avons le plaisir de vous annoncer que nous avons trouvé une solution qui permette votre maintien dans le logement que vous occupez à Arrocourt, sans décevoir les exigences de nos actionnaires.

En effet, nous avons trouvé un acquéreur en la personne de Monsieur Laurent Barminet. Nous venons de signer avec lui un acte de vente du domaine de la scierie d’Arrocourt en bonne et due forme. De plus, Monsieur Laurent Barminet a réglé les arriérés de loyer que vous nous deviez. Votre dette à notre égard est donc effacée et toutes les poursuites à votre encontre stoppées.

Fidèles aux valeurs humanistes et altruistes de la Green Worldwide Company, nous avons obtenu de Monsieur Laurent Barminet qu’il s’engage à mettre durablement à votre disposition, à titre gracieux, le logement que vous occupez.

Veuillez recevoir, Madame, nos salutations distinguées »

 FIN

Erik Vaucey