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On ne s'était jamais croisés,
et pourtant nous sommes presque voisins !
Elle a de multiples cordes à son arc,
dont celle de l'écriture.

J'ai le plaisir de recevoir aujourd'hui Valérie Laplanche

 

 

EV : Bonjour Valérie, comment te présenterais-tu en quelques mots ?

VL : Une touche-à-tout, si j’en crois l’œil goguenard de mes proches à l’annonce de la publication de mon premier recueil. « Ah bon ? Tu écris, à présent ? » Avant d’en venir à l’écriture, je crains d’être passée par tout un tas de « loisirs créatifs », dès lors qu’ils laissaient libre champ à ma passion des châteaux de cartes. Certains sont aujourd’hui en ruine, d’autres non.

EV : Justement, comment es-tu venue à l'écriture ?

VL : Ma première nouvelle date de fin 2012, pour le concours Musanostra du texte court que j’ai eu la chance de remporter. Je suis tombée sur ce concours par hasard en surfant sur le net. J’ignorais totalement alors qu’il existait des concours de nouvelles. Et comme j’ai pris beaucoup de plaisir à l’exercice, j’ai continué, d’autant que les gens de Musanostra se sont montrés extrêmement bienveillants. La bienveillance, c’est magnifique ; ça remplace tous les coups de cravache.

EV : Il paraît même que la bienveillance à beaucoup de vertus, y comprend en dehors du milieu du livre ;)
Quelles qualités trouves-tu aux nouvelles par rapport aux autres formes littéraires ?

VL : Une bonne nouvelle va à l’essentiel, elle concentre les saveurs du récit tout autant que du style. Un vrai travail d’orfèvre, en somme.

EV : Quels sont les genres littéraires que tu abordes dans tes écrits ?

VL : Pas de genre prédéfini mais j’aime bien gratter le vernis, mettre à jour les rugosités sous le lisse des apparences.

EV : Aller au-delà des apparences, ce champ d'investigation est certainement très vaste !
Comment te vient habituellement l’inspiration ?

VL : Une anecdote, une rencontre, un incident, n’importe quel accroc dans la trame quotidienne peut se révéler prétexte à broder tout autour. Cela se fait souvent inconsciemment, et souvent lorsque le corps est occupé à autre chose : courir, jardiner, dessiner… Les idées viennent toutes seules, si j’essaie de les traquer, elles se sauvent.

EV : Peux-tu nous en dire plus sur tes habitudes d’écriture ?

VL : J’écris chez moi, au calme et plus facilement le matin, lorsque le cerveau est encore frais. Passé vingt heures, ça se gâte ! En règle générale, quand les grandes lignes ont pris place dans ma tête, je déroule mon histoire du début vers la fin, lui laissant la bride sur le cou, puis je laisse décanter le premier jet pour y revenir plus tard. Il ne me satisfait jamais !

EV : Je connais ça ;) Y compris lorsque le textes est parti à l'impression !
As-tu une anecdote à raconter à nos lecteurs sur ta vie d’auteur ?

VL : Lors de la remise de prix d’un concours de nouvelles, l’une des gentilles jurées est venue me conter tout le bien qu’elle pensait de mon texte. J’étais évidemment plutôt ravie. Puis elle m’a expliqué que l’écriture découlait d’un besoin viscéral, et là, on s’est perdues. J’ai tenté d’exprimer mon point de vue, à savoir que pour moi l’écriture reste motivée par l’envie, sa dimension résolument ludique, et que besoin et envie sont deux choses assez différentes. À chacun son moteur, le mien carbure à la légèreté du plaisir et je trouve aliénante cette idée de besoin. Mon opinion a jeté un froid, et mon interlocutrice m’a toisée comme si j’avais émis une sorte de grossièreté. J’imagine que soudain, elle m’a trouvée terriblement inconsistante mais tant pis ! Je crois que cela me bloquerait d’avoir « besoin » d’écrire, l’envie reste, en ce qui me concerne, un aiguillon plus efficace.

EV : Quel conseil donnerais-tu à celui qui voudrait prendre la plume ?

VL : Pas un conseil d’auteur (je n’ai pas cette prétention) mais de lecteur : soigner les détails, la cohérence, la tenue de l’ensemble. L’harmonie des couleurs choisies.

EV : Et à un lecteur de nouvelle ?

VL : Aucun. La lecture est un plaisir solitaire que l’on mène à son gré et avec des attentes qui ne regardent que soi. Même s’il est stimulant de se confronter à d’autres, après coup, et d’échanger ses ressentis.

EV : S’il y avait un livre que tu as lu et apprécié et dont tu aurais aimé être l’auteur, ce serait lequel ?

VL : J’ai toujours beaucoup lu, depuis toute petite, et ne compte plus les bouquins qui m’ont emballée pour des raisons diverses. Peut-être « l’Épopée du buveur d’eau » de John Irving, parfait dosage d’émotion et d’humour.

EV : Qu’aimerais-tu ajouter ?

VL : Saluer le travail de mes éditeurs, La Chouette Borgne et Jacques Flament. La générosité de leur engagement est une chose qui m’impressionne et pour laquelle j’éprouve beaucoup de reconnaissance. Vraiment beaucoup. C’est assez rare, des gens qui mouillent leur chemise au bénéfice de parfaits inconnus dépourvus d’entregent.

 

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EV : Peux-tu nous parler de tes publications ?

VL : Deux recueils publiés à ce jour :

… plus quelques textes retenus pour des collectifs, notamment ceux de l’association Musanostra (éditions Edilivres), du groupe Vega (Pression(s) et Niveau(x), éditions JFE), du CROUS en 2013 et 2014, ou de la revue L’Encrier Renversé.

EV : Peut-on trouver certains de tes textes sur le web ?

VL : Oui, en cherchant un peu. Mais je cultive un goût têtu pour le charme du geste à l’ancienne, et préfère offrir mes récits dans leur bel emballage de papier. Néanmoins, Jacques Flament propose un extrait de « Saison Désamour ».

EV : Où peut-on te retrouver ?

VL : Sur ma page Facebook.

EV : Merci Valérie pour la qualité de cet échange. N'hésite pas à revenir nous faire part de tes futurs publications :)

 


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