eloise de valsombre

 

Son nom d'auteur et son avatar
donnent déjà un aperçu de son univers fantastique.

C'est d'ailleurs lors du cinquième tournoi des nouvellistes
de la revue du Nouveau Monde que je l'ai lue la première fois.

Eloïse de Valsombre, soit la bienvenue dans cette rubrique :)

 

 

EV : Bonjour Eloïse. Tout d’abord, qui es-tu ?

EdV : N'est-ce pas là une question que l'on se pose toute son existence sans jamais y trouver de réponse réellement satisfaisante, tout au plus des réponses temporairement pas trop fausses ? Si je devais éluder un peu moins, je dirais : un tout petit tas d'atomes perdu dans l'immensité de l'univers... mais avec une grande gueule.

EV : Voici qui nous plonge d'emblée dans une réflexion philosophique à tendance métaphysique des plus intéressantes ;)
Depuis combien de temps écris-tu des nouvelles ?

EdV : Pas longtemps, j'ai écrit ma première nouvelle au printemps 2012, et c'était une grosse bouse dont j'évite de dire qu'elle fut publiée, parce que l'envie de raconter une histoire était plus présente que la capacité à y parvenir. Il aura fallu attendre la deuxième pour obtenir quelque chose d'un peu plus structuré, un véritable dessein et une ligne directrice à laquelle je me suis tenue.

EV :  Qu’est-ce qui t’a poussé à écrire ta première nouvelle ?

EdV : Le besoin viscéral d'ouvrir ma gueule, j'imagine. À dire vrai, écrire n'a jamais été un but, c'était surtout raconter des histoires, l'idée de départ, l'écriture n'est qu'un medium fort pratique. J'apprécie l'ombre et l'anonymat et je goûte peu la compagnie prolongée de mes contemporains, en général, du coup, écrire était la manière la plus confortable de parvenir à mes fins, et j'aime cette langue complexe et subtile qu'est le français, j'arrive même à plonger dans un précis de grammaire sans avoir envie de tuer des enfants, alors qu'honnêtement, c'est quand même super chiant et souvent abscons, la grammaire.

EV : J'ai du mal à croire que tu ais des penchants misanthropes ;)
Quelles qualités trouves-tu aux nouvelles par rapport aux autres formes littéraires ?

EdV : Au départ, comme beaucoup j'imagine, je rêvais de romans, mais j'ai une formation musicale à la base, entre autres, mais pour l'essentiel, disons, et on ne se lance pas dans la composition avec une symphonie ou un opéra, la nouvelle était un format plus adéquat pour faire mes armes. Et en fait, j'ai découvert que j'adorais ça. Puis ça me permet de me concentrer, ce qui ne m'est pas toujours facile, parce que je digresse beaucoup, y compris intellectuellement et je dois avoir deux ou trois douzaines de nouvelles entamées en stock, qui sont complétées, ou non, au gré de mon inspiration et de ma capacité à me botter l'arrière-train pour me mettre au boulot. Dans l'absolu, je dirais que la nouvelle est un format plus incisif, elle va plus directement au but, sans trop se disperser et je pense qu'elle laisse plus de place à l'imagination du lecteur, parce qu'il doit se contenter de descriptions succinctes et laisser sa propre sensibilité combler les vides. En tous cas, c'est ainsi que je le vois, ce que je couche sur le papier virtuel, c'est l'indispensable, ce que j'estime être le strict minimum. J'aime bien l'idée que l'image mentale que je me suis forgée ne sera pas la même que celle de chaque lecteur.

EV : Tout comme le conteur, l'auteur serait avant tout un passeur d'histoires que le lecteur doit s'approprier selon sa propre imagination ?
Quels sont les genres littéraires que tu abordes dans tes écrits
 ?

EdV : Je ne fais que de la Fantasy et toujours dans le même monde, que j'appelle sans grande originalité "Monde des Deux Sœurs", du nom communément donné aux deux lunes qui en éclairent les nuits, c'est le cahier des charges de départ. Pour être franche, j'aspirais à l'épique, au départ, mais je n'ai qu'un contrôle très relatif sur mes histoires, et ce sont plus souvent les losers patentés, les paumés et les tarés qui s'y invitent... pour l'instant, du moins. Ce n'est d'ailleurs pas un problème, à posteriori, parce que je trouve assez jouissif de m'amuser avec tous ces oubliés de la Fantasy.

EV : Comment te vient habituellement l’inspiration ?

EdV : Je dirais qu'il n'y a pas vraiment de règle. Le plus souvent, cela dit, quelque chose me hérisse le poil, ce qui n'est pas rare, alors je me lance dans une nouvelle pour tenter d'aborder le truc de manière un rien plus subtile que je ne le ferais si j'ouvrais juste ma grande gueule, mais il y a d'autres cas de figure, parfois le thème d'un AT (Appel à Textes) m'inspire particulièrement, et parfois, c'est la simple rencontre du hasard et de mon esprit torturé.

EV : Peux-tu nous en dire plus sur tes habitudes d’écriture ?

EdV : Je tape tout directement sur mon traitement de texte, d'ailleurs, un individu normalement constitué aurait toutes les peines du monde à me relire, et ça ne m'est pas toujours facile non plus. De toute façon, c'est beaucoup plus pratique pour une souillon désespérément bordélique comme moi. Faire autrement serait rapidement ingérable, je serais toujours à la recherche de feuilles volantes en piteux état, voire d'un stylo. J'écris chez moi, lieu où je passe le plus clair de mon temps, en musique, toujours, je fais tout en musique ; la musique, c'est la vie, c'est une des rares choses que je préfère au silence. Quant à ma « méthode de travail », elle est aussi bordélique que moi, parfois je vais du début à la fin, mais, le plus souvent, je couche des morceaux épars sur le papier virtuel avant de combler les vides, et là encore le travail par ordinateur est très utile, parce qu'il me permet de réagencer au gré de l'avancée, facilement et rapidement. Ctrl-X, ctrl-V sont mes amis. Le plus souvent, le «  synopsis » se limite à la base de mes personnages ou à un vague dessein, ensuite l'histoire me guide par son développement « naturel ». J'imagine qu'un esprit plus organisé que le mien dirait que je n'ai pas de méthode de travail.

EV : As-tu une anecdote à raconter à nos lecteurs sur ta vie d’auteur ?

EdV : Ma vie est d'une banalité à pleurer, je la passe pour l'essentiel chez moi, avec ma chienne, alors les anecdotes ne sont pas légion. D'autant moins que ma «  vie d'auteure » n'a que trois grosses années. Donc je dirais : non.

EV : Quel conseil donnerais-tu à celui qui voudrait écrire des nouvelles ?

A : De ne pas trop écouter mes conseils sur le sujet, j'ignore totalement comment on écrit. Je pense, cela dit, qu'aimer l'outil qu'est la langue est une base indispensable, parce que cet outil sera visible de tous. On peut avoir un marteau mal entretenu et des clous tordus, ça risque de compliquer le travail, mais à l'arrivée, personne ne s'en apercevra ; en revanche la langue et sa maîtrise sont le premier contact du lecteur avec le travail de l'auteur. Ça ne signifie pas être irréprochable à la base, mais tous les bêta lecteurs et/ou correcteurs du monde ne pourront rien faire si l'auteur ne prend pas plaisir à manier les mots et les règles de la langue, règles qu'il faut parfois savoir enfreindre, mais les infractions doivent avoir un sens et il faut de toute façon connaître une règle pour pouvoir l'enfreindre intelligemment. Accessoirement, ne pas se contenter de ne prendre en compte que les critiques positives, voire dithyrambiques, comme beaucoup et pas seulement dans ce domaine, il y a souvent plus à retirer d'une critique mitigée, voire négative.

EV : Quel conseil donnerais-tu à un lecteur de nouvelle ?

EdV : De profiter au maximum des avantages de ce format court. Une nouvelle, c'est quelques dizaines de minutes de lecture, c'est l'occasion de multiplier les univers et les styles. Du reste, on peut lire une nouvelle d'une traite et réellement l'appréhender dans son ensemble, ce qui limite notre propension naturelle à axer nos souvenirs et ressentis sur le début et la fin.

EV : S’il y avait un livre que tu as lu et apprécié et dont tu aurais aimé être l’auteur, ce serait lequel ?

EdV : Je ne suis pas certaine qu'un livre que j'ai apprécié aurait été aussi appréciable si j'en avais été l'auteure, mais s'il fallait choisir, j'imagine que je me tournerais vers « Bilbo le Hobbit » de Tolkien qui est, à mon sens, le véritable chef-d’œuvre de son auteur. J'ai beaucoup aimé le « Seigneur des Anneaux », et bordel !, le seigneur des anneaux, c'est l'Unique, pas Sauron, scrogneugneu !, mais soyons honnêtes, certains passages sont assez chiants tout de même.

EV : Qu’aimerais-tu ajouter ? 

EdV : J'imagine que mes coups de gueule sont une composante essentielle de ma détestable personnalité, j'en ai des pleines cagettes. Je me contenterai d'un seul ici, assez thématique, du coup : les fautes sont plus ou moins excusables, mais elles sont graves, c'est pour ça que ce sont des fautes. Ce n'est pas anodin, elles nuisent à la possibilité de subtilité dans le discours et à la communication, or la communication est la pierre angulaire d'une espèce sociale. D'autant que nombre de fautes n'ont pas tellement de rapport avec l'orthographe ou la grammaire, mais témoignent plus d'un manque de réflexion sur son discours, trouver des « qu'il est » à la place de « qu'il ait », par exemple, c'est affreux, c'est une grave déficience en communication. Or par la communication passe aussi la manipulation.

EV : As-tu déjà été publié ?

EdV : Très peu et uniquement en octets. Quatre de mes nouvelles ont été publiées, mais je n'en assume que trois, la toute première était ma toute première nouvelle et c'était une grosse bouse mal construite, comme je l'ai précédemment mentionné. Elle m'aura peut-être confortée dans l'idée d'écrire, mais elle ne vaut pas d'être lue. J'ai de plus deux publications actuellement prévues pour 2016. « Tristelia et Ysériope » dans le futur Hors-Série de Nouveau Monde consacré au 6° Tournoi des Nouvellistes et « Il y a des gens à qui la mort donne une existence » dans le N°11 de Nouveau Monde.

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EV : Peut-on trouver certains de tes textes sur le web ?

EV : Où peut-on te retrouver ?

  • Sur mon site Web : http://www.misentropisme.fr/ : je ne suis pas très régulière dans mes passages, mais une partie de mon boulot s'y trouve.
  • Sur mon Compte FB : C'est le meilleur moyen, j'y passe pas mal de temps, puis j'accepte toute demande de contact sans a priori.

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