Jones

 


Nous échangeons chaque semaine
dans le cadre du jury d' "Au coeur de l'arène", 
joutes littéraires proposées par la Revue du Nouveau Monde

Son nom et son allure
sonnent comme celui d'un homme libre du far west américain.
Et pourtant, ce n'est pas un scénariste de western, ni de road movies,
mais bien un nouvelliste SFFF ;)

Sans plus tarder, j'accueille Southeast Jones

EV : Et toi, comment te présenterais-tu ?

SJ : C’est difficile à dire, il y a autant de moi en Jones, que de Jones en moi. Dans la vie de tous les jours, je suis un presque soixantenaire assez casanier, tout mon univers tourne autour de mon épouse et de mes chats. Mais tout change dès que je me mets au clavier, Jones prend les commandes et plus rien d’autre ne compte, j’en oublie parfois même de manger !

 EV : Depuis combien de temps écris-tu des nouvelles ?

SJ : Plus de quarante ans ! Mon premier texte « Dieu est bon » est paru dans un journal de quartier auquel je participais régulièrement, j’avais quatorze, peut-être quinze ans. Ce fut d’ailleurs la cause de mon renvoi de l’équipe, l’« imprimerie » était hébergée par des jésuites qui n’apprécièrent pas de voir leur dieu dévoré par ses créatures. Je remplissais des pages et des pages de cahiers entiers, et puis un jour, mon père m’a offert une machine à écrire. Dans mon souvenir, ce que j’écrivais alors était original, des monstres, des extraterrestres, des guerres atomiques… Mais je suppose que c’était très mal écrit.  

EV :  Bigre ! J'espère que tu as conservé ces cahiers quelque part !

SJ : Non, en ce qui concerne les cahiers, mais j'ai conservé quelques textes tapés sur ma vieille machine, j'en ai jeté pas mal aussi, c'était vraiment mauvais !

EV : Qu’est-ce qui t’a poussé à écrire ta première nouvelle ?

SJ : Pour la toute première, « Dieu est bon », juste une idée idiote : je m’étais demandé ce qui se passerait si on prenait l’Eucharistie au pied de la lettre ! Pour celles qui ont suivi, le besoin de mettre en mot mes rêves ou mes cauchemars. Je n’écrivais que pour moi, ce n’est que bien des années plus tard qu’est venue l’envie de partager. 

EV : Quelles qualités trouves-tu aux nouvelles par rapport aux autres formes littéraires ?

SJ : La nouvelle va droit au but, elle met le lecteur directement dans le bain, le plus difficile est de l’y garder jusqu’à la fin, car j’écris court, parfois même très court, la chute doit scotcher le lecteur. J’ai toujours eu beaucoup de peine à refermer un roman sans l’avoir terminé ; je crois qu’un recueil de nouvelles est le livre de chevet idéal. 

EV : Quels sont les genres littéraires que tu abordes dans tes écrits ? 

SJ : Principalement la science-fiction, je m’essaie un peu au fantastique, voire à l’horreur, mais je m’y sens peu à l’aise.

EV : Comment te vient habituellement l’inspiration ?

SJ : Quelques fois d’un rêve, d’une actualité, mais aussi des nouvelles avancées scientifiques dans presque tous les domaines que je glane dans différentes revues (« Science & Vie », « Ciel et Espace », pour ne citer que celles-là, mais il y en a d’autres).

EV : Peux-tu nous en dire plus sur tes habitudes d’écriture ?

SJ : Je lis énormément pour me tenir au courant, je prends des notes, et lorsque je ne comprends pas assez quelque chose, parfois un point de détail –la crédibilité est essentielle dans ma science-fiction, je me renseigne, je cherche jusqu’à ce que je sois satisfait. Je prends des notes, beaucoup de notes, et si souvent j’établis un synopsis  sur base d’une ou plusieurs idées, c’est toujours pour finir par m’en éloigner. J’écris sur mon ordinateur, et s’il m’arrive parfois d’écouter de la musique, ça n’apporte pas spécialement un plus à mon travail, en fait, j’ai tendance à ne plus faire attention à ce qui se passe autour de moi lorsque j’écris.

EV : As-tu une anecdote à raconter à nos lecteurs sur ta vie d’auteur ?

SJ : Oui, pour dire à quel point je m’isole mentalement du monde extérieur, mais il faut remettre les choses dans leur contexte, car c’est à la fois moche et amusant. Mon épouse souffre (entre autre) de vertiges permanents dus à une fracture du rocher ; elle a un jour fait une chute à moins de trois mètres de moi, elle m’a appelé pendant près de dix minutes sans que je ne l’entende. Je ne m’en suis aperçu qu’en me levant pour me faire un café. Inutile de dire qu’elle était furieuse !

 

EV : Quel projet littéraire mobilise ton attention en ce moment ?

SJ : En fait, j’en ai deux, dont l’un se concrétise actuellement : mon recueil de nouvelles « Il sera une fois… » sera officiellement présenté le 19 mars à la Comic Con International à Bruxelles au stand de Séma Editions ; j'y serais en excellente compagnie, puisque Frederic Livyns et Gaëlle K. Kempeneers seront à mes côtés. Quant au second, encore au stade embryonnaire, c’est un roman basé sur l’univers de l’une de mes nouvelles, mais j’écris assez lentement, ce projet ne devrait pas aboutir avant deux ans.

Mon recueil a une histoire : les Éditions des Artistes Fous venaient de sortir « Sales bêtes », leur deuxième anthologie, tandis que sur Facebook, un jeune Namurois passionné de littérature lançait une nouvelle activité calquée sur le modèle des réunions Tupperware, mais adaptée aux livres : le Bookshowing. En parallèle, il faisait de petits salons dans lesquels il écoulait la production de petites et moyennes maisons d’édition. J’y ai cru immédiatement ! J’y vis aussi l’opportunité d’investir la Belgique avec la production des Artistes Fous. J’ai pris contact avec Michaël Shoonjans, qui, au fil du temps, est devenu l’un de mes très rares amis IRL, et j’en ai discuté avec Sébastien Parisot, président de l’association. Peu de temps après naissait un partenariat. De l’eau a coulé sous les ponts, emporté par sa passion, Michaël s’est lancé dans l’édition, sans pour autant délaisser son activité de Bookshowing. Séma Éditions, c’est (déjà !) trois livres, dont le mien, et trois autres à venir, dont une anthologie dirigée, excusez du peu, par Marc Bailly !

 

EV : Que conseillerais-tu à celui qui voudrait écrire des nouvelles ?

SJ : Lire ! Beaucoup, encore et encore !

EV : S’il y avait un livre que tu as lu et apprécié et dont tu aurais aimé être l’auteur, ce serait lequel ?

SJ : « Demain les chiens » de Simak.

EV : Aimerais-tu ajouter un coup de coeur ? 

SJ : Un énorme coup de cœur : Les Artistes Fous Associés ! C’est avec eux que tout a vraiment commencé.

EV : Où peut-on retrouver tes écrits ?

il-sera-une-fois  L'Homme de demain couv_contesroses
Robots  Folie(s)

  • 2016 : « Il sera une fois » (recueil de nouvelles),  Séma Éditions (mars 2016)
  • 2015 : « Les enfants de nos enfants » (nouvelle) in "L’homme de demain" Éditions des Artistes Fous ; co-anthologiste.
  • 2014 : « Denis Noodle et le sexe » (nouvelle) in "Les contes roses" Éditions des Artistes Fous ; co-anthologiste.
  • 2014 : « Trip » (nouvelle) in "Robots" (anthologie), Edition de la Madolière
  • 2014 : « Jour Gras » (nouvelle) in "Folie(s)" (anthologie), Éditions des Artistes Fous ; co-anthologiste
  • 2013 : « Grand-Veille » (nouvelle) in "Créatures" (anthologie) Éditions de la Madolière.
  • 2013 : « Jonas », « Notre-Dame des Opossums » (nouvelles) in "Sales bêtes ! Animaux étranges et Délires zoomorphiques" (anthologie), Éditions des Artistes Fous ; co-anthologiste.
  • 2012 : « Émancipation », « Clic », « Contrat », «  » (nouvelles) in "Fins du Monde, 20 récits pour en finir avec l’Apocalypse" (anthologie), Éditions des Artistes Fous ; co-anthologiste.
  • 2008 : « Rétrocession » (nouvelle) in "Géante Rouge 10" ; Éditions Répliques

 Créatures  Sales bêtes !  Fin(s) du Monde  Geante Rouge

EV : Où peut-on te retrouver ? 

EV : Merci de t'être confié à nous. A très bientôt !

 


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