Av Eric Colson

 

C'est presque mon homonyme,
A l'instar d'Obélix, il est tombé dans la potion,
celle de l'écriture et de la SF,
quand il était tout petit ;)

J'ai le plaisir d'accueillir aujourd'hui Eric Colson !

 

EV : Bonjour Eric. Tout d’abord, qui es-tu ?

EC : Un gars d’une quarantaine d'années qui a trop de passions à caser dans ses journées.

EV : Depuis combien de temps écris-tu des nouvelles ?

EC : Depuis que je sais écrire.

EV :  Alors soit tu étais précoce en écriture, soit tu as appris très tard à écrire ! ;)
Qu’est-ce qui t’a poussé à écrire ta première nouvelle ?

EC : Un besoin irrépressible de partager mon imaginaire.

EV : Quelles qualités trouves-tu aux nouvelles par rapport aux autres formes littéraires ?

EC : C’est une forme d’expression courte, qui oblige l’auteur à aller à l’essentiel. Ceci dit, le roman est une forme plus longue. J’en ai deux à mon actif (qui ont pris la direction de la poubelle, car ils ne me satisfaisaient pas) et j’en boucle un troisième actuellement. J’aime aussi écrire tout en longueur. Ceci dit, dès qu’il est terminé, j’ai hâte de retourner à mes chères nouvelles. J’ai quelques idées en tête que je souhaite coucher sur papier.

EV : J'espère que le troisième prendra un autre chemin que les deux premiers !
Quels sont les genres littéraires que tu abordes dans tes écrits ?

EC : J’aime beaucoup la SF. On a beau me dire qu’il s’agit d’un sous-genre, j’aime ça, j’aime terriblement ça. À mes yeux, la SF correspond un peu à la littérature d’aventure du XIXième. Elle nous projette dans des mondes inconnus, où les personnages sont confrontés à des comportements sociaux inédits. C’est aussi un genre qui permet de s’échapper du quotidien, où il ne se passe jamais rien d’extraordinaire. Pour cette raison, j’aurais adoré vivre à une époque où l’on croyait encore aux dragons, aux fées, à la magie, où l’extraordinaire côtoyait effrontément la banalité du quotidien.

EV : Alors si tu écris dans un sous-genre (la SF) dans une sous-forme (la nouvelle), c'est que le monde souterrain mérite d'être visité ;)
Je n'avais pas fait le lien entre la SF et la littérature d'aventures du XIXème, mais cela me paraît particulièrement pertinent :)
Comment te vient habituellement l’inspiration ?

EC : En lisant un article de presse, qu’il s’agisse d’un article scientifique, psychologique, sociale, philo… Pas de drogue, pas d’alcool, seulement beaucoup de lectures.

EV : Mais un vrai mythe que tu es en train de déboulonner, là !
Peux-tu nous en dire plus sur tes habitudes d’écriture ?

EC : J’aime beaucoup écrire sur papier au stylo plume. La douceur du papier, l’odeur de l’encre, le bruit de la plume sur le papier sont très sensuels et me mettent dans un état qui suscite le désir… d’écrire, bien sûr.

Une fois mon premier jet réalisé, je reviens dessus, je le lis à voix haute, je corrige, je gribouille, je supprime, j’ajoute, je déplace, je découpe (parfois).

Et enfin, je saisis sur ordi.

Entre chaque phase, je laisse passer une semaine ou plus. Ainsi, je prends de la distance avec mon texte et à chaque relecture, je découvre de nouvelles sonorités, mots, rythme… qui ne me plaisent pas et je change tout ça.

J’adore écrire le matin, très tôt, quand la ville dort encore. J’ai l’impression de vivre une existence parallèle non affectée par la réalité, comme si tout était possible la nuit, comme si la nuit, la réalité avait honte de paraître et rester loin, loin de moi.

J’écris beaucoup de chez moi, je travaille chez moi.

Par contre, en déplacement (j’en fais une à deux fois par mois), je passe des heures et des heures à écrire dans le train. En réalité, le changement de lieu provoque chez moi une forte excitation. J’écris beaucoup de scènes quand je me déplace. Chez moi, je corrige plutôt ou imagine des scènes ou des fins.

EV : Le jour où tu te déplaces dans le grand Est, fais-moi signe :)
As-tu une anecdote à raconter à nos lecteurs sur ta vie d’auteur ?

EC : Actuellement, j’écris un roman où le sexe occupe une place très importante. Il ne s’agit pas de décrire des scènes de cul juste pour le côté excitant de la chose. Il s’agit plutôt de les évoquer afin de banaliser de nombreuses pratiques que chacun réalise, comme s’il s’agissait de quelque chose de honteux, alors que nous avons ce désir en nous.

Toujours est-il que pour préserver mes proches, j’écris avec un pseudo, le pseudo d’une femme. Je publie les scènes au fur et à mesure, sur un blog. Tout d’abord, je découvre quelques gros dégueulasses qui confondent imaginaire et réalité et qui me font des avances dignes de… chiens.

Le plus drôle est qu’il a fallu produire une interview pour une radio locale. C’est une amie slave qui répondait aux questions à distance alors que je lui disais quoi dire. Nous avons bien ri, car le journaliste a dû croire qu’elle était complètement barrée : parfois, dans le feu de l’action, elle comprenait mal ce que je lui disais. Du coup, elle sortait des énormités. J’imagine que c’est peut être ce genre d’originalité qui peut plaire. Nous, nous avons bien ri.

EV : J'imagine le pauvre journaliste décontenancé !
Quels conseils donnerais-tu à celui qui voudrait écrire des nouvelles ?

EC : D’écouter le conseil des plus expérimentés pour un jour ne plus les écouter. Sur certains forums dont je tairais le nom, dans les ateliers d’écriture, on apprend la base, mais on apprend surtout à faire comme tout le monde. C’est très bien si vous voulez écrire un scénario à la holywoodienne qui plaise au plus grand nombre. C’est beaucoup moins intéressant si vous voulez écrire avant tout pour vous exprimer. Laisser libre cours à ce que l’on a en soi, c’est à mon sens le principal.

EV : Et au lecteur de nouvelle ?

EC : Aucun, sinon lire ce qui lui plait. Si cela ne lui plait pas, passer à autre chose.

EV : S’il y avait un livre que tu as lu et apprécié et dont tu aurais aimé être l’auteur, ce serait lequel ?

EC : Pas un livre, mais des auteurs. J’adore Romain Gary pour ses petites phrases si humaines qui me rende terriblement jaloux (je plaisante), je raffole de Amin Maalouf pour son écriture si belle, si exotique sur le thème d’un islam qui fut un temps une civilisation très en avance sur un occident brutal et attardé.

EV : Qu’aimerais-tu ajouter ?

EC : J’ai envie de boire un café.

EV : Ne t'en prive surtout pas ;)

monstres_vapeur  calling-cthulhu-anthologie-vol2  géante rouge 22-2014 géante rouge 25  

As-tu déjà été publié ? 

EC : Oui, dans plusieurs webzines ou anthologies papier :

nm hs1  nm 3 liv 2  nm 4 

EV : Où peut-on te retrouver ? 

EV : Merci Eric pour ta visite. Je ne doute pas que nous nous recroiserons bientôt :)


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