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L'invité de cette semaine
pourrait nous parler longuement d'harmonica,
de philosophie, de karaté ou de la langue occitane.
Mais c'est bien au titre de nouvelliste
que je l'accueille aujourd'hui.

Sylvain Lamur, sois le bienvenu !

EV : Bonjour Sylvain. Tout d’abord, qui es-tu ?

SL : Eh bien, je suis Sylvain Lamur, auteur toulousain de 36 ans. 1,79 m, +/- 80 kg, plutôt poilu. Vierge, chèvre, ours, radis pour les divers signes astrologiques. Par ailleurs enseignant, occitanophone et musicien amateur mais passionné.

EV : Depuis combien de temps écris-tu des nouvelles ?

SL : L'écriture remonte à trop loin pour ma pauvre mémoire... les premières soumissions sérieuses, en revanche, se sont faites en 2012, plus ou moins.

EV : J'insiste ;) Qu’est-ce qui t’a poussé à écrire ta première nouvelle ?

SL : Ouch... la première, cela fait longtemps, j'avais une treizaine d'années. Je dirais... un élan irrépressible ? C'était un scénario parfait pour un film de série Z : je regardais les étoiles et je me suis dit, dans un élan de romantisme effréné (un élan, vraiment, je vois rien d'autre) que ce serait formidable si elles se mettaient d'un coup à bouger comme un gros truc mou avant de se crasher sur terre sous la forme d'un cafard gigantesque qui boufferait tout le monde. Sauf John, le héros, bien entendu. Et ses copains. Et la jolie blonde.

EV : Ah oui, quand même :)
Quelles qualités trouves-tu aux nouvelles par rapport aux autres formes littéraires ?

SL : En tant que lecteur, je ne saurais dire. En tant qu'auteur, c'est surtout la possibilité de développer de nombreux univers et personnages à peu de frais – temporellement parlant, s'entend. Le défi étant de parvenir malgré tout à  les rendre crédibles et intéressants.  Il y a aussi le côté « démonstration » qui entre en jeu, et qui est beaucoup moins évident pour le roman, de par la question de la « chute ».

En tant que lecteur, pour y revenir, c'est un peu pareil, en fait.

EV : Quels genres littéraires abordes-tu dans tes écrits ?

SL : Je me centre généralement autour de la SFFF, avec quelques extensions et restrictions. Disons  que l'on dénote une forte tendance à un fantastique teinté d'onirisme, souvent loufoque, dans un style assez rythmé et visuel. Avec toutes les exceptions de mise, bien entendu, parce que j'explore pas mal, aussi. Je m'oriente de plus en plus vers la SF, par exemple, et j'ai totalement abandonné l'idée de faire de la fantasy, bien que ce soit le genre qui m'ait le plus enthousiasmé au départ : je trouve qu'après Tolkien, il n'y a plus grand chose à faire, à moins de trouver des concepts frappants, comme l'ont fait  G.R.R. Martin et quelques autres. En tout cas, moi, je vois pas.

EV : C'est toute la difficulté : innover tout en suivant les codes du genre...
Comment te vient habituellement l’inspiration ?

SL : J'ai un jour eu  la chance, de par mon activité professionnelle, d'assister à une rencontre avec Wajdi Mouawad où il expliquait que l'écriture était un engagement de chaque instant, ou quelque chose dans le genre. Et c'est assez vrai : on est toujours à l'affût, un peu comme le photographe ou le peintre dans la rue. Dans ce contexte, difficile de dire d'où ou comment vient telle ou telle idée. Des discussions, des réflexions, des blagues, des images... Au rythme où elles viennent, en fait, le défi est surtout de trier tout ça et d'en tirer quelque chose d'exploitable.

EV : Peux-tu nous en dire plus sur tes habitudes d’écriture ?

SL :  Je suis, comme la plupart des auteurs d'aujourd'hui je suppose, un auteur de clavier – après avoir commencé sur papier, tout de même. J'ai même eu une machine à écrire, à une époque, mais c'était la fin des haricots chaque fois qu'il fallait changer le rouleau-correcteur, et en Cité-U, c'est pas la panacée au niveau du bruit... Du coup, l'ordinateur a été une délivrance. Cela paraît anecdotique, sans doute, mais c'est une toute autre approche : la quantité de travail apporté aux textes est considérable, on peut insérer, supprimer des passages, en mettre de côté pour plus tard, revenir autant qu'on veut sur telle ou telle phrase... cela permet aussi, quand l'inspiration ne vient pas, d'écrire en allant à l'essentiel pour donner tout l'enrobement après : certains textes commencent par des embryons de phrases, parfois même du quasi-charabia, qui se retrouvent par la suite au beau milieu de la nouvelle, complètement modifiés. Tout ça n'était pas possible pour nos glorieux Ancêtres. Sinon, j'écris seul, isolé, en faisant cinquante fois le tour du salon entre deux parties écrites. C'est un rituel un petit peu hypnotique, qui explique sans doute que je n'arrive pratiquement pas à écrire ailleurs que chez moi. En revanche, même si ça m'arrive rarement, je suis capable de rester enfermé une semaine entière, sans mettre le nez dehors.

EV : J'espère que ton salon est suffisamment grand pour éviter d'avoir le tournis ;)
As-tu une anecdote à raconter à nos lecteurs sur ta vie d’auteur ?

SL : Eh bien, j'ai rencontré le week-end dernier, dans un salon, une auteur qui était en même temps chamane. J'ai trouvé ça fou : déjà, de rencontrer quelqu'un qui pratique le chamanisme, et puis, ça fait des années que je meurs d'envie (ben oui, quand on a pas les sous pour se payer des vacances aux Canaries, on s'adapte !) de faire cet espèce de « voyage intérieur » à la recherche de mon animal-totem, comme le font les indiens dans les films. Je pensais pas que ça m'arriverait un jour.

EV : Voilà qui pourrait nourrir l'une ou l'autre nouvelle :)
S’il y avait un livre que tu as lu et apprécié et dont tu aurais aimé être l’auteur, ce serait lequel ?

SL : Comme on parle de nouvelles, je vais tout de suite retirer les romans de ma liste (j'espère que les listes ne sont pas interdites, en revanche...). Donc, trois nouvelles (trois, pas une de plus) : « le Diable sur la Colline », de Jack Vance.. On la trouve dans un recueil de poche intitulé « Sjambak », notamment. Un chef d’œuvre absolu, très poétique, sur l'autre et les différences culturelles, avec en plus pas mal d'humour. Une autre, d'un français cette fois : « l'Amour est aveugle », de Boris Vian. Je crois que toute ma conception de l'existence est résumée là-dedans, bien que beaucoup ne la considèrent sans doute que comme une blague. La troisième... « La Célèbre grenouille sauteuse du comté de Calaveras », de Mark Twa... non : « La Distance de la lune », d'Italo Calvino, ça fera un italien dans la liste. Argh, il y en aurait tellement d'autres à donner !

EV : Quelque chose à ajouter ?

SL : Allez, une remarque que je me suis faite tout récemment : on passe des heures et des heures à se demander, en tant qu'auteur, ce qui va faire mouche, ce qui va marquer et plaire tel ou tel lecteur, jury ou comité... je me suis aperçu que, plus que l'exercice en lui-même, écrire était aussi porter une vision du monde. Ça fait un peu le type qui te raconte ça en levant le petit doigt et en pinçant la bouche, mais en prendre conscience peut aider à faire les bons choix.

Contes homme-cauchemar dimavenirs02 dimsyssolaire01 Géante Rouge22

EV : As-tu déjà été publié ?

SL : Oui ; dans des webzines, d'abord, puis dans des revues, et des anthologies. Parmi les éditeurs chez qui je reviens le plus régulièrement, il y a Otherlands, où j'ai tout de même un recueil entier à mon nom (Les « Contes de l'homme-cauchemar ») paru l'année dernière et où je suis présent dans d'autres anthologies ("Creepy Christmas", "Les Belles Histoires", et dans le "Continuum" à venir...). Je suis aussi beaucoup chez Rivière Blanche ("Dimension Système Solaire", "Merveilleux Scientifique", "Avenirs Radieux"...), et je devrais y être un peu plus prochainement ; ainsi que chez Arkuiris. Et j'ai trois nouvelles dans Etherval, une revue dont on parle peu mais qui fait un gros travail, malgré tout. Ensuite, au premier rang de mes faits de gloire, une histoire chez Solaris et une autre dans le Galaxie de janvier dernier. Et une dans le Spécial Némo, en numérique. Une aussi chez Géante Rouge. Ah, et encore, deux novellas au format numérique chez House Made of Dawn. Et puis, pour terminer, chez un éditeur haïtien, Lominy Books, après avoir remporté le second prix de leur concours en décembre dernier. Comme il y avait quand même pas mal de monde, et même si les prix, c'est un peu au bonheur la chance, je le dis !

 Etherval galaxies81-2016 Solaris Le sens de la vie - Sylvain Lamur

EV : Peut-on trouver certains de tes textes sur le web ?

EV : Où peut-on te retrouver ?

EV : Merci Sylvain pour toutes ces infos ! Je ne doute pas que nous nous recroiserons bientôt ;)

Arkuiris hommes et animaux Arkuiris réchauffement climatique ArkuirisNucléaire  de monstrorum natura - sylvain lamur 


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