Beatrice Bourrier

Un sourire lumineux,
une grande culture,
un enracinement provençal,
C'est la nouvelliste de la semaine !

J'ai le plaisir d'accueillir aujourd'hui Béatrice Bourrier

 

EV : Bonjour  Béatrice . Tout d’abord, qui es-tu ?

BB : Difficile question !! qui suis-je ?! Femme, épouse, romancière, juriste, lectrice, étudiante,…

EV : Tu as donc de nombreuses vies parallèles, comme beaucoup d'auteurs.
Depuis combien de temps écris-tu des nouvelles ?

BB : Depuis longtemps mais publiée depuis 2005 soit un peu plus de dix ans.

EV :  Dix ans de publications, c'est déjà une belle expérience !
Comment en es-tu venue à écrire ta première nouvelle ?

BB : la voix de mon grand-père qui s’éteignait, les histoires qui sans cesse se racontaient en moi, j’ai d’abord eu l’envie de conter puis de raconter et enfin d’écrire.

EV : Quelles qualités trouves-tu aux nouvelles par rapport aux autres formes littéraires ?

BB : Le format de la nouvelle présente pas mal d’intérêts : court supposant une structure à la fois liberté/contrainte : aller au plus essentiel, monter en tension et chute désarçonnante, et finalement tellement libre par la vitesse même. L’auteur y trouve aussi avantage notamment face à la peur de ne pas avoir suffisamment de souffle pour l’entreprise d’un roman.

EV : J'aime bien l'énoncé de ce paradoxe : un format contraignant qui offre de la liberté à l'auteur...
Quels sont les genres littéraires que tu abordes dans tes écrits ? ( jeunesse, SF, romance, policier, histoire, voyages,…)

BB : le genre littéraire est souvent difficile à définir (et la liste des genres depuis Aristote n’est jamais close !). Ce que je peux dire c’est que ce sont des textes courts soit avec des références de terroir, soit des références historiques, soit des fictions à partir de personnalité littéraires…

EV : Le plus simple est sans doute d'aller lire tes textes pour se faire sa propre idée ;)
Comment te vient habituellement l’inspiration ?

BB : Je m’assieds à ma table, un mug de thé au jasmin fumant, face à mon jardin, sans bruit, une belle feuille lisse sans quadrillage et une bonne plume puis il n’y a qu’à laisser faire, ça parle, ça raconte, ça invente.

EV : Rien que cette évocation donne envie d'écrire !
Peux-tu nous en dire plus sur tes habitudes d’écriture ?

BB : Pour les nouvelles, de la documentation suffit, pour les romans, un plan devient nécessaire avec une fiche par personnage et un découpage temps. Je peux démarrer avec un mot, une rime de poésie ou un aïku avec toujours en filigrane le besoin de m’exprimer sur une question qui me taraude sur les rapports humains, la difficulté du lien à l’autre.

EV : L'humain est une source inépuisable d'inspiration...
As-tu une anecdote à raconter à nos lecteurs sur ta vie d’auteur ?

BB : La joie incroyable quand tu reçois ton premier contrat d’édition, la petite déconvenue quand tu te rends à une dédicace où tu penses qu’un cortège de lecteurs t’attend (ça c’est au début !) et ils sont …4, eh oui ! je n’ai pas les tirages de Marc Levy mais ça viendra !! Les lecteurs adorables qui te croisent pour la première fois mais qui sont sûrs que l’histoire que tu racontes, là, p155, c’est la leur et demandent qui te l’as raconté ?…l’amitié instantanée avec certains auteurs parce qu’ils savent, comme toi, qu’il y a quelque chose qui s’écrit en toi, tout le temps…

EV : Les relations amicales entre auteurs sont souvent évoquées dans cette rubrique.
Quels conseils donnerais-tu à celui qui voudrait écrire des nouvelles ?

BB : qu’il ne s’interroge pas trop sur son style (j’y suis resté arrêtée presque deux ans !!) mais qu’il écrive ce qui parle en lui, classique, journalistique peu importe, celui qui lui colle vraiment, dans lequel les histoires s’écrivent naturellement, sincèrement, et qu’il lise tout, tout le temps !

EV : Qu'il soit lui-même en quelque sorte.
Et un conseil pour un lecteur de nouvelle ?

BB : De ne pas aller lire la dernière page en premier et bien sûr… s’abandonner !

EV : S’il y avait un livre que tu as lu et apprécié et dont tu aurais aimé être l’auteur, ce serait lequel ?

BB : « Colline » de Jean Giono qui a été une révélation pour moi dans le travail du style, de la langue gourmande, travaillée, riche et légère. J’y retrouvais les lectures d’Ovide et la méditerranée qui pointait son nez sans la nommer, la Grèce antique et une certaine éternité. Je relis régulièrement les œuvres de Giono et elles m’offrent toujours quelque chose de nouveau. Elle m’ont permis aussi d’avoir de la curiosité pour la poésie et celle de René Char dans ses « feuillets d’Hypnos » est totalement sublime. Le sud est toujours très présent (Char est inséparable de la Provence) comme Marie Rouanet ou Albert Camus dans « Noces à Tipasa » qui ne quittent pas mon chevet.

EV : Qu’aimerais-tu ajouter ?

BB : Si Sartre dit que l’homme c’est son époque, je pense que c’est aussi sa nostalgie et qu’il y a une place trop peu mise en avant dans la littérature pour une nostalgie, un temps d’avant qui a beaucoup encore à nous livrer, un chant de la terre que les auteurs craignent toujours de revendiquer  au risque de passer pour ringard, mais il n’y a pas de place pour la ringardise en littérature il n’y a que de bons ou moins bons auteurs !

Couv graph souper lion  COUV' LE BERGER

EV : As-tu déjà été publié ?

(Pour retrouver les ouvrages de Béatrice sur Amazon, cliquer ici)

EV : Où peut-on te retrouver ?

Email : beabourrieer@orange.fr

EV : Merci Béatrice de nous avoir permis de mieux te connaître. Reviens nous voir quand tu veux !


 Aller à la Galerie des nouvellistes (Sommaire)

Pour retrouver sur ce blog des textes inédits de "Nouvellistes de la semaine"

Pour découvrir les nouvelles publications des "Nouvellistes de la semaine"

Pour rencontrer les "Nouvellistes de la semaine" (séances de dédicaces,...)