oOstende

Quand on rencontre une enfant de la Durassie,
on se délecte de chaque mot, chaque caractère,
chaque sonorité,

chaque enchaînement entre les mots.
Cela peut être parfois un peu déconcertant,
mais c'est toujours passionnant !

J'ai le plaisir de recevoir aujourd'hui C.L. De-Saër

 

EV : Bonjour C.L. Tout d’abord, qui es-tu ?

CL : Une écrivVivante.

EV : Depuis combien de temps écris-tu des nouvelles ?

CL : Il serait plus juste de répondre à « Depuis combien de temps écris-tu ? ». Depuis des années. Au près de ce qui se chemine. Pas à souffle.

EV :  Souffle, comme Souffle court ?
Qu’est-ce qui t’a poussée à écrire ta première nouvelle ?

CL : Un lien. À Marguerite Duras. Le lien à la « Durassie ».

EV : Quelles qualités trouves-tu aux nouvelles par rapport aux autres formes littéraires ?

CL : Ce qui s’est inscrit -« écrit en moi »- au cours de la dernière nouvelle : « À la sertie attitude de ce fil-là. »  (« enVol d~Ori Kami » dans Renaissances,  recueil collectif, Souffle court éditions, 2015). 

Renaissances

EV : Quels sont les genres littéraires que tu abordes dans tes écrits ?

CL : Ce qui s’est débordé à la première publication : « S’échouer à essayer autrement » en prose poétique.

EV : Comment te vient habituellement l’inspiration ?

CL : Elle ne me vient pas vraiment. Elle me traverse. « Je suis dévalée, délavée, diluvienne. » Et nous nous retraversons, nous formons passerelles.

EV : Peux-tu nous en dire plus sur tes habitudes d’écriture ?

CL : Il n’y a pas d’habitudes. Ou alors, de non-habitudes : papier, ordinateur, téléphone portable. Tout dépend ce qu’il y a, ce qui est à portée de main lorsque l’écriture se présente hic et nunc ; selon sa (re)présentation : source, jaillissement, … Il faut quasi « être à disposition », filer en fonction. Tel ce « Phoenix d’écendres ».

EV : Il me semble que tu entretiens une relation toute particulière avec la typographie… Tu pourrais en dire plus au lecteur intrigué que je suis ?

CL : Sourire (« heuristique »)… Les mots s’entre-tiennent au rythme des caractères, de leur disposition ; forme de relation privilégiée avec  la prédisposition de l’écriture elle-même.

EV : As-tu une anecdote à raconter à nos lecteurs sur ta vie d’auteur ?

CL : Les empreintes qui ont tracé vers… La découverte de Marguerite Duras & de son écriture via « L’Amant », à 13-14 ans ; l’échappée d’une rencontre avec Marie Darrieussecq 12-13 ans plus tard ; me trouver coincée dans un ascenseur virtuel quelques 12 ans après, & y rencontrer « l’inéditeur » de ma première publication. Une histoire de cycle-s, entre autres ! 

EV : Que conseillerais-tu à celui qui voudrait écrire des nouvelles ?

CL : Suivre notamment le cours de cet élan, celui exprimé ainsi par « l’inéditeur », justement : « Prendre le temps de faire court ». Poursuivre « L’envVive. D’un pas à d’anse. Dense soi. »  (« & du déluge, L’archer ouvrit la vVoie » dans Rencontres Extrêmes,  recueil collectif, Souffle court éditions, 2014)

rextremes

EV : Et à un lecteur de nouvelle ?

CL : Reprendre un allongé, & prolonger le temps : d’être au regard ; d’être à l’écoute ; d’être à « l’essensation ». D’être. Vivant-s.

EV : S’il y avait un livre que tu as lu et apprécié et dont tu aurais aimé être l’auteur, ce serait lequel ?

CL : Je ne suis pas de ce « seul & unique ». J’aime, par contre & tout contre, l’imaginaire du livre non (encore) écrit, alliant « l’effoudroyant » ressenti à certaines lignes ; celles à inventer, jamais réunies.

EV : Je crois savoir qu’en plus d’être auteur, tu travailles également dans le monde de l’édition. Accepterais-tu de nous en parler ?

CL : D’un encore autre monde, l’écho : « C’est (une) inédition ! »
Par ailleurs, un atelier d'écriture auquel j'ai assisté en mars dernier, à la Maison de la Poésie Paris, a conforté, confirmé mon envie quant à ce projet d’animation, aussi.

EV : Qu’aimerais-tu ajouter ?

CL : Le presque hasard & René Char : « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s’habitueront. »
Post Scriptum aux passages : « Il faut souffler sur quelques lueurs pour faire de la bonne lumière. »  

EV : Pour que nos lecteurs puissent faire plus ample connaissance avec ton style d'écriture, je crois que tu as apporté quelques fragments d'une de tes nouvelles...

« À l’abrupte de mes silences » :


« te laisser resserrer l’ampleur des vides en moi. L’évide du vide.

[…] Dans ce vide immense que piste et retrace ton enlacement.


[…] Noir élacte.

La demi-lune en l’émeraude de son perçant me fait penser au jeu de billes.

Ton appel  me rassemble, nous ressemble.

Tu es là, à quelques battements de moi

Ébattant d’émoi

[…]

Je retiens mes souffles

Je retiens m’essouffle


[…] Les espaces-tant des
multi pliés font des origamis avec mes silences. Espasme-temps.

Dans un kaléidoscope, la chrysalide Phoenix réitère souffle, ré-étire d’aile.

De la vibration de l’inertie, le vol a trouvé voix »

EV : Où peut-on te retrouver ? 

CL : En laissant un signal de fumée au fil de cet entretien    

Déraciner l'évague à l'âme

 

"Déraciner l'évague à l'âme"

(un des cinq clichés ayant inspiré les auteurs de Renaissance)

 

EV : Merci C.L. pour ce partage de ton amour des mots et de la langue française. J'espère que nos lecteurs y auront trouvé autant de plaisir que moi ;)

 

 

 

 


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