Portrait SD2

Ce n'est pas parce que le gardien de cette chronique
a perdu son sens de la régularité
qu'il y a moins de nouvellistes méritants, bien au contraire !

Certains ne gardent pas leur langue dans leur poche.
En voici un bon exemple,

Sylvain Desvaux m'ayant honoré par sa visite... 

 

EV : Bonjour Sylvain. Tout d’abord, qui es-tu ?

SD : Je suis un auteur de SFFF (Science-Fiction, Fantasy, Fantastique) publié depuis 2014 chez différents éditeurs : l’Ivre Book, Nutty Sheep, Evidence Editions.

EV : Des éditeurs de référence en SFFF, bravo ! Quand as-tu commencé à écrire ?

SD : Euh… Longtemps ? J’écrivais mes premières histoires alors que je n’avais que 11 ou 12 ans…
Mais je suis devenu sérieux dans ma démarche il y a une dizaine d’années environ, en partageant des textes sur In Libro Veritas et Atramenta, deux sites que je recommanderai aux auteurs en herbe qui se cherchent encore...

EV :  Ces forums sur internet forment en effet de véritables communautés d'auteurs qui accompagnent avec bienveillance les auteurs amateurs. Sans eux, la production de nouvelles ne serait sans doute pas aussi foisonnante. 
A quelle occasion as-tu rédigé ta première nouvelle ?

SD : Si l’on exclut les textes de mon adolescence, ma première nouvelle pour ILV se nommait « celui qui aime les femmes ». A la base, une amie m’avait montré un texte en me disant que le mec écrivait « trop trop bien ». j’avais trouvé l’ambiance nulle, le style passable, et le héros me sortait par les naseaux. Elle m’avait dit « bah essaye de faire mieux alors ». C’est ce que j’ai fait. Toutefois, la majeure partie du temps, je n’écris pas avec un instinct de compétition : j’aime juste écrire ce que je voudrais lire.

EV : Cette amie a eu bien raison de te provoquer, sinon on serait passé à côté de ton talent ;)
Quelles qualités trouves-tu aux nouvelles par rapport aux autres formes littéraires ?

SD : Difficile question. Un amateur de pâtes trouvera-t- il beaucoup de raisons de préférer la coquillette au spaghetti. C’est le même boulot, mais les exigences sont différentes. La nouvelle doit scotcher le lecteur dès le départ, tenir dans une unité de temps restreinte, avec un minimum de lieux et de
personnages. Ce serait une erreur de croire qu’écrire une nouvelle est plus facile parce que c’est "plus court".

EV : Je ne sais pas si la question est difficile, mais ta réponse me va parfaitement : qu'on se le dise, une nouvelle est une nouvelle et non un "roman en petit" !
Quels genres littéraires abordes-tu dans tes écrits ?

SD : Le fantastique, l’horreur, le steampunk, la SF, la fantasy, la dark fantasy… En fonction de monhumeur, je touche un peu à tout..

EV : Toute la tessiture de la SFFFH, alors :) Comment te vient habituellement l’inspiration ?

SD : Joker. Cette question n’a pas de réponse en ce qui me concerne. J’ai toujours eu une bonne imagination et des idées un peu branques qui me viennent spontanément. Je n’ai pas de processus précis. 

EV : Et donneras-tu aussi un joker si je te propose de nous en dire plus sur tes habitudes d’écriture ?

SD : Je ne me fais pas une habitude d’écrire, car pour moi l’habitude, c’est l’ennui. En revanche j’écris un peu sur tout, chaque jour, via facebook, par exemple. L’écriture est mon vecteur d’expression favori. Quand je dois écrire une nouvelle ou un texte, je mature l’idée pendant des heures ou des jours, je la laisse grandir toute seule dans son coin. Puis je la couche sur papier dans l’ordre, du début à la fin.
Beaucoup d’idées me viennent en écrivant, donc je ne suis pas fan des plans et des synos écrits à l’avance : je ne les respecte souvent pas.

EV : Comme quoi les "outils" ne sont que des moyens, pas des fins en soi ;)

Tessa


Aurais-tu une anecdote à raconter à nos lecteurs sur ta vie d’auteur ?

SD : Dans « La rédemption de Tessa », une histoire de vampires, il y a des meurtres, des mutilations, des scènes hardcore… et le reproche que l’on m’a fait était le meurtre…. d’un chat.

EV : Il y a donc des sujets plus tabous que d'autres ;)
Que conseillerais-tu à celui qui voudrait écrire des nouvelles ?

SD : Essaye le format long : ça se vend mieux et c’est plus facile si tu débutes. Les nouvelles, c’est beaucoup de contraintes. 

EV : Des contraintes oui, mais aussi beaucoup de satisfactions, non ? ;)
Et à un lecteur de nouvelles ?

SD : De commencer à la page une et de finir par le mot fin. C’est déjà court, alors si en plus on se spoile….

EV : Conseil des plus avisés :)
S’il y avait un livre que tu as lu et apprécié et dont tu aurais aimé être l’auteur, ce serait lequel ?

SD : « Duma Key », de Stephen King. Habile mélange de souffrance physique, psychologique, histoires de fantôme, mais aussi formidable message d’espoir.

EV : Stephen King, un maître incontournable pour beaucoup !
Qu’aimerais-tu ajouter ?

SD : L’écriture inclusive, c’est de la merde en bâton.

Les auteurs qui me sortent des conneries du style "l’orthographe et la grammaire, c’est à l’éditeur de les corriger", j’ai envie de les fesser avec une pelle sur la joue droite : dans ce boulot, si tu ne te remets pas en question et si tu ne fournis pas un minimum de travail sur toi-même, tu n’arrives à rien.

Les salons littéraires, j’adore y être en tant qu’auteur, même quand je ne vends pas beaucoup. Rencontrer des lecteurs et leur parler de ma passion, c’est définitivement ma came.

EV : Sur les deux premiers points, voici qui est dit et bien dit :) Pour le troisième, c'est très probablement la principale raison du succès des salons du livre.

Codex Lost age Noir


As-tu déjà été publié ?

  • En 2014, l’Ivre Book publie « La rédemption de Tessa »

  • En 2015, deux de mes nouvelles gagnent deux concours organisés par Elenya Editions pour le recueil du salon fantastique. Malheureusement, suite à un désaccord, on ne trouvera pas de terrain d’entente. La même année, une auteure me demande de participer à son recueil de nouvelles, mais les conditions sont nazes (je touchais 10 centimes par exemplaire du livre vendu, faut pas déconner), et la promo ne se centre que sur une seule auteure (on était trois à participer). Comme j’aime pas fermer ma gueule, je leur ai dit "gardez les DA (droits d’auteur), j’ai d’autres textes".
    La même année, je lance « Lost ages » sur Wattpad.
  • 2016 : parution du « Codex » chez l’Ivre book. Une jeune maison d’édition, Nutty Sheep, s’intéresse à « Lost Ages ». Je propose « Noir » à un directeur de collection de chez Evidence Editions qui me connaît depuis un moment.
    Je démarre également « Ambre, fille des plaines » sur Wattpad.
  • 2017 : Grosse année pour moi.
    En Janvier sort « Noir » au format papier.
    Le même mois paraît le premier épisode de « Lost Ages » en numérique. Six mois plus tard, paraît l’intégrale de la saison 1 de Lost ages au format papier.
    C’est aussi l’année ou je découvre les festivals littéraires : j’ai du papier, je peux tenir un stand. Je découvre les aléas de l’auteur en dédicace et j’adore ça.
    Aux Aventuriales de Ménétrol, je rencontre enfin Lilian Ronchaud, fondateur de l’Ivre-Book, et Sébastien Tissandier, son bras droit, qui souhaite
    publier « la rédemption de Tessa » au format papier. Ce sera chose faite le 11 Novembre, mais j’ai déjà pu en dédicacer quelques volumes en avant-première au salon fantastique..

EV : Peut-on trouver certains de tes textes sur le web ?

EV : Où peut-on te retrouver ?

SD : Chez moi, à Etampes, mais aussi :

EV : C'est un très grand plaisir, Sylvain, de t'accueillir dans le cercle des 71 nouvellistes intervievés dans cette chronique. Merci pour ta visite... et à bientôt !


 Aller à la Galerie des nouvellistes (Sommaire)

 Pour retrouver sur ce blog des textes inédits de "Nouvellistes de la semaine"

 Pour découvrir les nouvelles publications des "Nouvellistes de la semaine"

Pour rencontrer les "Nouvellistes de la semaine" (séances de dédicaces,...)