IMG_2053La nouvelliste que je reçois aujourd'hui
est tout à la fois
auteur, ingénieur et globe-trotteuse...
Merci à elle d'avoir accepté de répondre à nos questions !

Anaïs La Porte, sois la bienvenue !

 EV : Bonjour Anaïs. Comment te présenterais-tu à nos lecteurs ?

ALP : je m’appelle Anaïs La Porte. En plus de mon « autre métier » (ingénieure dans l’eau et l’assainissement), j’œuvre en tant qu’auteure dans des genres divers et variés, avec une préférence pour la fantasy et la SF. Je combine mon melting-pot personnel (la France dont l’île de la Réunion, et l’Inde) à mes affinités pour de nombreux sujets (les étoiles et l’environnement en particulier), pour faire vivre à mes personnages tout un tas d’aventures. J’aime en particulier m’intéresser à des héros ordinaires, des gens comme tout le monde qui se dépatouillent de leurs problèmes avec les moyens du bord.

EV : Nous voici déjà dans le vif du sujet ! Quand as-tu commencé à écrire des nouvelles ?

ALP : Je crois que ça fait une bonne dizaine d’années, les mini-histoires de mon premier « journal intime » ne comptent pas ! Mais en réalité, je me suis vraiment mise à écrire des nouvelles « sérieusement » en 2011, quand j’ai repris l’écriture de manière suivie, et que j’ai découvert les concours de nouvelles.

EV : Tiens donc, voici donc une autre plume encouragée par les concours de nouvelles ! Que leurs organisateurs en soient remerciés :) Te souviens-tu de ta première nouvelle ?

ALP : Il y a dix ans, je venais d’intégrer l’équipe du journal de mon école d’ingénieurs, la nouvelle était la forme la plus adaptée pour laisser s’exprimer la part « fictionnelle » de mon écriture. Cette nouvelle était en fait un conte sur un mode un peu ironique, l’habituelle princesse prise à rebours pour étaler ses imperfections.

EV : Quelles qualités trouves-tu aux nouvelles par rapport aux autres formes littéraires ?

ALP : Quand j’ai repris l’écriture, j’ai tout de suite vu que les concours étaient une bonne manière de se confronter à la réalité des lecteurs. Puis j’ai vu le potentiel de la nouvelle comme « laboratoire d’écriture » : quoi de mieux que le texte court pour expérimenter une narration un peu particulière, une structure bizarroïde ou un personnage complètement loufoque ? D’autre part, c’est aussi un espace restreint, qui force à la concision, en particulier sur le développement de l’univers (hem hem…).

EV : J'aime beaucoup cette image de "laboratoire d'écriture" :)
Quels sont les genres littéraires que tu abordes dans tes écrits
 ? )

ALP : Bien que j’aie « commis » un polar pour un concours, je me concentre plutôt sur les genres de l’imaginaire (SF et fantasy en particulier), avec une préférence pour les mondes exotiques, comme Europe, le satellite de Jupiter.

EV : Un satellite naturel qui attise l'imagination de beaucoup !
Comment te vient habituellement l’inspiration
 ?

ALP : Souvent, je tiens d’abord un concept. Comme je participe régulièrement à des AT (appels à textes), une thématique donnée va me parler, faire naître une idée. En lien avec cet embryon d’histoire, il y a souvent un univers, un décor. Je laisse le tout mûrir en silence, ça fait des va-et-vient dans ma tête. Arrive le plus important, le moteur de l’histoire, le personnage par qui ou à qui tout arrive. Une fois que j’ai les trois bases de l’histoire, concept-univers-protagoniste, je peux me mettre à écrire.

EV : J'aime beaucoup cette phase de maturation dont l'alchimie nous échappe quelque peu...
Peux-tu nous en dire plus sur tes habitudes d’écriture ?

ALP : Je note mes idées (concept, embryon d’histoire) à la volée sur un carnet qui me suit partout et qui me sert à tout (beaucoup de listes de courses ou de lecture dedans aussi).

Souvent, je passe par une phase documentaire sur ordinateur quand j’ai une idée à peu près claire de l’univers. Cela me permet de vérifier certains points qui vont servir les nœuds de l’histoire, mais aussi de trouver des idées supplémentaires. Pour cette étape, je passe à un cahier un peu plus grand, qui me permet de noter aussi des bouts de synopsis, des informations sur les personnages.

Enfin, je passe à la rédaction du premier jet, très majoritairement sur clavier. Il arrive que je sois bloquée pour une raison ou pour une autre. Le retour au papier, aussi bien pour trouver de nouvelles idées que pour réamorcer la rédaction, est alors salvateur.

En général, j’écris la nouvelle avec un point de départ très clair dans mon esprit, et une idée vague de la fin, voire de la chute. Souvent, c’est très très mauvais au final :-) Comme les péripéties s’ajoutent au fur et à mesure, comme l’univers et les personnages prennent corps pendant le premier jet, ce dernier a besoin d’être consolidé. C’est ce que je fais après une courte période de repos : je raccorde le début avec la fin. Puis la fin avec le début.

Vient enfin le moment où tout ça tient debout. Je fais alors une dernière correction de forme, je traque les vilaines répétitions, les fautes et autres.

Idéalement (c’est-à-dire quand j’ai le temps), j’appelle alors d’impitoyables bêta-lecteurs à l’aide. Ils ont le chic pour mettre le doigt sur tout ce que j’ai soigneusement caché sous le tapis pendant la correction. Alors je recommence, mais le travail est plus facile car la base est là.

Enfin, au bout de la troisième ou quatrième version en général, je considère que c’est le mieux que je puisse faire pour cette fois. Comme on est à deux heures de la deadline de l’AT, j’envoie en catastrophe. Puis je relis, trouve une coquille, vais bouder dans mon coin.

Avant de me remettre au boulot pour l’AT (ou le roman) suivant.

EV : Merci pour cette description qui permettra à nos lecteurs de mieux imaginer le travail d'orfèvre du nouvelliste. Quant à la dernière coquille qui persiste, on peut toujours être admiratif de sa capacité de camouflage puisqu'elle a réussi à ne pas être démasquée avant l'envoi ;)
As-tu une anecdote à raconter à nos lecteurs sur ta vie d’auteur ?

ALP : À l’été 2015, en plein milieu d’un premier jet de roman, je suis tombée par hasard sur deux AT qui m’inspiraient énormément. J’ai contenu le « flux » jusqu’à quinze jours avant la date limite d’envoi (bien entendu, c’était la même date pour les deux AT).

Rien à faire, les idées fusaient. Ces deux textes voulaient être écrits. J’ai mis mon roman de côté pendant deux semaines et cravaché sur deux nouvelles en parallèle, laissant tomber vie sociale, activités sportives, tâches ménagères, hygiène corporelle (non, quand même pas).

J’ai terminé à quelques heures du moment fatidique, sans avoir pu me faire relire par quiconque. Épuisée, j’ai envoyé les deux bébés.

Les deux nouvelles ont été prises … Sur ces deux textes, j’ai expérimenté ma nouvelle ligne de conduite : « on va jusqu’au bout de l’idée (même si c’est loufoque) ». Je crois que c’est ce qui a marché.

EV : Et après, on s'étonne de l'asociabilité chronique de beaucoup d'auteurs ;)
Que conseillerais-tu à celui qui voudrait écrire des nouvelles ?

ALP : De ne pas hésiter à se lâcher (cf. ci-dessus). S’il y a bien un espace où on peut tenter des trucs originaux (qui a dit « bizarres » ?), c’est bien celui-là.

EV : Et à un lecteur de nouvelles ?

ALP : De continuer à en lire et surtout d’en parler :-) En France, ce genre est encore trop peu connu du grand public. Depuis que j’écris des nouvelles, j’ai découvert des choses formidables, publiées par des auteurs chevronnés comme par de jeunes plumes. Et d’ailleurs, c’est comme ça que j’ai découvert certains de mes auteurs préférés.

EV : Je souscris :)
S’il y avait un livre que tu as lu et apprécié et dont tu aurais aimé être l’auteur, ce serait lequel ?

ALP : Désolée, je ne peux pas répondre à cette question : quand j’ai un coup de cœur livresque, je ne suis pas dans la démarche de « j’aurais voulu l’écrire », plutôt de « j’aurais voulu le vivre ».

EV : Tu as certainement raison !
Qu'aimerais-tu ajouter ?
 

ALP : Déjà, je te remercie pour cette interview.

Et puis, maintenant qu’on se connaît, je vais te faire une confidence. En réalité, je suis une imposteur (imposteuse ? impostrice ?) : j’ai une plume plus « tournée » vers les romans que les nouvelles. D’ailleurs, c’est bien simple : toutes les nouvelles que j’ai publiées (qui ont donc été validées par un comité de lecture) ont reçu au moins une fois ce retour d’un lecteur : « tu n’as pas prévu d’étendre ton univers au format roman ? »

Et tout à fait entre nous, certaines de mes nouvelles sont en fait un prétexte pour tester un univers dans lequel j’ai l’intention de planter un roman. Mais chut !

EV : Je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi. Certains lecteurs ne font-ils pas ce type de remarque parce qu'ils considèrent, à tort à mon avis, que les nouvelles ne constituent pas un genre à part entière ?
Mais revenons à toi, as-tu déjà été publiée ?
 

ALP : Oui, voici les plus récentes :

  • « La Berceuse des soldats », AOC, 2015
  • « La Marchande de sable », Gandahar n°3, 2015 
  • « Le Banyan qui pensait trop », Gandahar n°5, 2016 

J'ai également publié trois romans chez Yucca dans un même univers de saga jeunesse « Les Puissances de Nilgir » :

Nilgir

EV : Où peut-on te retrouver ?

  • Par mail : anaislaporte.contact@gmail.com
  • Sur mon site Web : https://anaislaporte.com
  • Sur FB et G+ : Anaïs La Porte (page auteur)
  • Sur Twitter : Ana974LP

EV : Merci Anaïs pour le temps que tu nous a consacré ! N'hésite pas à revenir nous parler de tes projets quand tu le voudras :)


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