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L'invitée de cette semaine l'est à double-titre,
comme nouvelliste, bien sûr et surtout,
mais aussi comme membre de l'association Gandahar,

éditrice d'une revue qui fait référence
dans le monde des nouvelles SFFF.

J'ai le plaisir d'accueillir aujourd'hui Dominique Lémuri

 

EV : Bonjour Dominique . Peux-tu te présenter en quelques phrases ?

DL : Bonjour Erik et merci pour cette interview ! Je suis une lectrice de SFFF depuis l’enfance. J’ai eu la chance d’avoir deux grands frères passionnés de BD et de livres. Il serait trop long de citer tout ce que j’ai lu à cette époque… Je suis tombée dans la marmite de l’imaginaire très tôt, grâce aux contes et à la mythologie, plus tard au fantastique et à la science-fiction. J’ai lu de nombreux nouvellistes dans mes jeunes années, les auteurs du XIXème siècle et aussi Asimov, Bradbury, Lovecraft, etc.

A côté de ça, je fais partie de l’association Gandahar, qui publie une revue éponyme (et lance des appels à texte de l’imaginaire régulièrement) ; Gandahar organise aussi le salon de l’imaginaire les Aventuriales, dont nous préparons la deuxième édition les 24 et 25 septembre 2016. Il y aura une table-ronde sur les nouvelles, d’ailleurs !

Gandahar1  Gandahar3

EV : Excellente revue. Si qualitative que je n'ai pas réussi à placer une de mes nouvelles dans l'anthologie en hommage de la série "Le prisonnier" ;)
Quand as-tu commencé à écrire des nouvelles ?

DL : Ce furent mes premiers essais d’écriture, au collège. Une des premières était une histoire horrifique où une star du rock se faisait mettre en pièces par ses fans qui voulaient garder un souvenir du concert. C’était frais et printanier !

EV :  Ah oui, tu étais une adolescente d'un romantisme exacerbé ;)
Qu’est-ce qui t’a poussé à écrire ta première nouvelle ?

DL : L’envie d’essayer. Je crois que je m’en sentais capable, et j’avais de l’imagination. Je suis quelqu’un qui apprend en faisant.

EV : Quelles qualités trouves-tu aux nouvelles par rapport aux autres formes littéraires ?

DL : En tant que lectrice, l’impression de picorer des friandises littéraires. Dans une anthologie, on passe d’un texte à l’autre et si l’un de plaît pas trop, ce n’est pas grave, on passe vite au suivant. Certains nouvellistes français, auteurs et autrices de recueils, ont l’art de la ciselure dans leurs récits.

En tant qu’autrice, la nouvelle me sert de laboratoire : je m’essaie à des modes de narration que je n’ai jamais tentés avant. Je change de thème ou de style si l’histoire s’y prête. Je trouve aussi que c’est un formidable outil d’apprentissage quand on débute.

EV : Des "friandises littéraires", ça me donnerait presqu'envie de modifier le titre de ce site ;)
Quels genres littéraires abordes-tu dans tes écrits ?

DL : J’ai touché aux trois genres de l’imaginaire : SF, fantasy et fantastique. Je n’ai pas envie d’écrire autre chose.

EV : Le champ d'investigation est déjà vaste !
Comment te vient habituellement l’inspiration ?

DL : Alors ça… Jamais quand je l’appelle de mes vœux ! Sous la douche, en voiture, quand mon cerveau est occupé à une tache simple, je crois. Mes idées viennent parfois de choses que je vis et que je transcris sous forme d’histoire avec passage dans un prisme déformant. D’autres fois, c’est une image ou une idée de titre qui s’impose.

EV : Peux-tu nous en dire plus sur tes habitudes d’écriture ?

DL : J’écris sur papier pour les notes et la conception : j’ai essayé d’utiliser des outils de mind-mapping comme Scapples, mais ça me bloque plus qu’autre chose. Ensuite je passe sur ordi directement, outillé avec Antidote et Repetition Detector. Sur les longs projets, je travaille sur Scrivener, mais pas pour les nouvelles.
Autrement, j’ai posé ma table d’écriture au milieu de ma bibliothèque, avec la chaine stéréo pour écouter de la musique si j’en ressens le besoin. Je suis entourée d’un fouillis de livres de référence, de notes de bêta-lectures, de crayons, un vrai capharnaüm. J’écris dans le train parfois, mais ce n’est pas ce que je préfère.

Et je m’astreins à une discipline d’écriture : au moins 30 mn par jour, sauf urgence, réunion d’association, et je travaille tous les week-ends, sauf quand je suis en salon ou convention. J’aime aussi me prévoir une semaine d’écriture intensive de temps en temps (par ex en vacances), c’est là où j’avance le mieux dans mes projets.

Quant à l’usage du synopsis, cela dépend de la taille de la nouvelle, mais je pratique cela de plus en plus. Je gagne beaucoup de temps à la rédaction ensuite.

EV : 30 mn par jour ! J'en rêve ;)
As-tu une anecdote à raconter à nos lecteurs sur ta vie d’auteur ?

DL : En 2012, aux Imaginales, je suis allée discuter avec Jean-Pierre Fontana, qui a une bio tellement longue que je ne citerai pas les nombreuses cordes de son arc. Je me souvenais de lui comme l’organisateur d’un énorme festival de science-fiction à Clermont Ferrand en 1977. Je lui ai glissé que j’écrivais. Il a eu la gentillesse de bien vouloir me lire et m’aider à corriger un texte, « In oculis veritas », qu’il a ensuite publié dans Galaxies/Lunatique. Travailler avec lui m’a beaucoup appris.

EV : Que conseillerais-tu à celui qui voudrait écrire des nouvelles ?

DL : Se faire relire par d’autres auteurs, bienveillants de préférence. La bêta-lecture m’a aidée à franchir un palier entre « j’écris mais personne ne me publie » et « j’écris et je trouve à me faire publier ». Je fais partie du collectif CoCyclics mais il y a d’autres communautés d’auteurs. Ne pas rester seul face à ses rêves !

EV : J'approuve pleinement et en profite pour remercier celles et ceux qui animent de telles communautés d'auteurs :)
Et à un lecteur de nouvelles ?

DL : Découvrir les francophones de la SFFF, il y en a tant !

EV : Par exemple, en dévorant les excellents numéros de la revue Gandahar :)
S’il y avait un livre que tu as lu et apprécié et dont tu aurais aimé être l’auteur, ce serait lequel ?

DL : « Notre-Dame-aux Ecailles » de Mélanie Fazi.

EV : Mélanie, que j'ai eu le grand honneur de recevoir ici-même il y a quelques semaines :)
Qu’aimerais-tu ajouter ?

DL : Venez aux Aventuriales, on a des tas de nouvellistes !!! (et de la truffade)

walrus AOC32 Malpertuis6 escarpinsBottes

EV : As-tu déjà été publiée ?

DL : Oui, une dizaine de fois. J’aime tous mes textes, mais je suis assez contente de « En Adon je puise mes forces » (chez Walrus et chez AOC), Externalisé chez Malpertuis (anthologie Malpertuis VI) et « La Poursuite », chez Elenya, dans l’anthologie "Ex Machina". Je sors en 2016 un texte bien barré chez Présences d’Esprit, « le Point Q ».

escarpinsBottes  ex-machina  Galaxies  SigneVSombre

EV : Peut-on trouver certains de tes textes sur le web ?

Oui. Voici mes productions des 24h de la nouvelle, un peu brutes car non retravaillées sur le site, mais je les aime bien :

EV : Pour les non-initiés, les 24 heures de la nouvelles est un événement annuel où les auteurs sont invités à déposer sur le site dédié une nouvelle écrite en 24 heures à partir d'une contrainte tirée au sort au dernier moment....
Où peut-on te retrouver ?

EV : Merci Dominique pour ta visite... Et à très bientôt, aux aventuriales ou ailleurs :)


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